Conférence : la place des Autochtones

Qu’est-ce qui différencie immanquablement un Français d’un Canadien Français? L’intérêt du premier pour tout ce qui a trait aux Premières Nations, quand le second affiche au mieux une totale indifférence à la question, au pire une mine sévère vis à vis des ces maudits Français qui remettent encore ça sur la table*.

Pour ma part, la conférence donnée à l’Université Laval hier soir sur la « place pour les Autochtones  aujourd’hui » était une occasion à ne pas manquer, d’autant que j’y suis allée sur l’invitation d’une bloggeuse (une inconnue bien connue, puisque je lis depuis belle lurette son quotidien sur les Lys de Lévis, merci A.!).

autochtones

Les discours sont un peu décousus, malhabiles même, parfois, et le rappel des grands jalons de l’histoire, toujours bienvenu, n’apporte dans les faits rien de très nouveau à celui qui s’intéresse au peu au sujet.

Pourtant, les interventions et réactions aux questions auront permis de démontrer avec évidence … que le Canada, ou le Québec, n’est pas la Nouvelle-Zélande un moment évoquée lors de la soirée, et que le nouveau type de relation qu’elle a su instaurer ces dernières années avec le peuple Maori ne va se mettre en place de sitôt au Canada, c’est le moins qu’on puisse dire.

Parmi les moments forts:

– Ces moments où chacun des trois intervenants autochtones -Alconquin, Huron ou Innu- clame haut et fort que jamais il ne s’est senti Québécois ou Canadien.

– Le parcours douloureux, à l’évidence, des Indiens d’un certain age, dont Jean-Louis Lafontaine, historien et chercheur, est un bon représentant. Sa nostalgie -plus de 40 ans après- de ses jeunes années passées dans la forêt avec ses parents est encore terrible, tout comme le traumatisme des années de pensionnat.

– L’envie de voir les choses bouger doublée d’un certain désarroi, qui transparaissait dans le discours de la jeune Widia Larivière, cofondatrice de la branche québécoise du mouvement Idle No More, seule représentante hier soir de la jeune génération.

Au final, Max Gros-Louis, avec son charisme habituel, aura laissé peu de place à l’optimisme pour qui espère une cohabitation pacifiée et positive. Il ne s’en cache pas, le Québec paiera cher pour cette colonisation du territoire sans accords ni traités, pour ces droits des Indiens bafoués encore aujourd’hui, pour ces cultures qu’on a voulu faire disparaitre.

* Bon, j’y suis allée un peu fort, l’amphithéatre était plein à craquer.

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