Pauvre St-Lau.

Alors que les grands de ce monde sont attendus bientôt à Paris pour la COP 21 dans l’objectif de tenter une préservation accrue de notre bonne vieille planète, la ville de Montréal déverse depuis mardi des milliards  de litres d’eaux usées (on notera le timing impeccable).

Cherchez l’erreur.

Source: Radio Canada
Source: Radio Canada

Pour assécher une conduite d’eau vétuste et procéder à des réparations, la ville de Montréal a trouvé comme seule alternative le déversement dans le fleuve d’un tiers de ses eaux usées, soit l’équivalent de 8 milliards de litres de merde. Tout en affirmant que c’est sans impact sur l’environnement.

Oui, nous sommes bien en 2015, les poissons et humains qui boivent son eau vous disent merci.

Peu de réaction, au final, preuve que les jeunes et moins jeunes qui militent sur les ZAD (Zones à Défendre) en France n’ont pas encore fait d’émules par ici. Bon il faut dire que le 21 octobre dernier, je me suis rendue à une conférence sur la qualité de l’eau et baignade dans le fleuve St-Laurent, publicisée comme il se doit dans les journaux locaux. Signe que le sujet passionne, nous étions … une dizaine.

Le discours se voulait rassurant (énormes progrès depuis trente ans, 99% des habitations connectées aux égouts contre 2% en 1978, quand le fleuve a été déclaré insalubre, eaux propices à la baignade s’il n’a pas plus depuis trois jours, etc).

Mais:

  • Certaines municipalités – dont Montréal, si elles traitent évidemment leurs eaux usées, ne pratiquent pas encore le traitement bactériologique. Les coliformes sont donc rejetés en toute quiétude dans le St-Laurent au quotidien (on comprend dès lors que les 8 milliards d’égouts dans le fleuve n’émeuve pas grand monde).
  • Lors de fortes pluies, ou encore à la fonte des neiges, les usines de traitement sont saturées: faute d’avoir investi dans la construction de bassins de rétention, très peu nombreux, les « surverses » sont pratiquées; et hop! dans le fleuve, les eaux sales!
  • Si quelques villes – dont Montréal – effectue des suivis réguliers et nombreux de la qualité des eaux, ensuite publiés, et vident à favoriser le retour aux zones de baignade dans le fleuve, Québec fait, elle, peu de contrôles et conserve les résultats dans le fond d’un coffre-fort; et Lévis s’en contre-fout et n’en fait aucun.

Dire que plus de la moitié des Québécois vivent sur les rives du Saint-Laurent,  un fleuve qui fait la fierté de la province…

Suis-je la seule écœurée?

 

 

 

 

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