De retour d’Atlanta, GA

De retour d’un déplacement professionnel à Atlanta, capitale de la Géorgie, dans le sud des États-Unis, je mesure plus encore la chance de vivre dans une région où le taux de criminalité est parmi les plus bas de la planète.

Source: lapresse.ca

À Atlanta, connue par ailleurs pour son incroyable énergie, ses belles attractions dont le plus grand aquarium du monde, une vie artistique riche, etc, le taux de criminalité (71 pour 1000 habitants) est parmi les plus élevé du pays; les autorités considèrent que le risque d’être victime d’une agression (vol, crime violent, etc …) est de un sur 14!

Dans la grande région de Québec, à l’inverse, le taux de criminalité est très faible et la délinquance quasi-inexistante – la conséquence logique d’un taux de chômage très bas, d’une population vieillissante et d’un régime social relativement protecteur.

Du coup, même le quartier considéré comme le plus chaud de la ville est super tranquille, et tu peux marcher dans les rues à toute heure du jour et de la nuit sans craindre pour ta sécurité. Chaque jour, tu vois les gens laisser leur sac dans leur caddie ou leur voiture sans surveillance, ou encore partir sans fermer à clé leur voiture et même leur maison. Bref, on se sent clairement en sécurité.

Si la pauvreté existe ici comme ailleurs, hélas, elle est cachée : pas de mendiant, personne qui dorme sur un carton dans un recoin …

Dans le centre-ville d’Atlanta, par contre, où vivent beaucoup d’exclus, où la ségrégation de fait entre blancs et noirs semble encore vive, les forces de l’ordre s’installent chaque soir devant les hôtels et restaurants sur l’artère principale (Peachtree street). Si tu manges en terrasse (même en journée), les serveurs te rappellent de faire très attention à tes affaires, et de surveiller y compris tes couverts sous peine de te les faire voler en un rien de temps.

Un magasin UPS que nous voulions rejoindre à pied (12 mm) nous a conseillé de venir en Uber ou taxi, moins risqué!

Quand on se compare, on se console: rien de tel que de vivre d’autres réalités pour apprécier sa chance de vivre dans un pays aussi sécuritaire!

 

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Parade de voiliers

Plus de 40 grands voiliers venus à Québec il y a quelques jours pour souligner le 150e anniversaire du Canada nous ont offert un incroyable défilé ce dimanche. Levés à 5h00 du matin pour être aux premières loges, on en a eu plein les mirettes!

On les a vu  sortir un par un du port, aller faire des ronds dans l’eau à l’ouest de la ville, avant les ponts. Et à 8 heures pétantes, les 40 voiliers sont passés devant nous en file indienne, pour un spectacle d’une heure et demi environ de toute beauté.

Le fleuve était couvert d’embarcations, les sirènes et coups de canon ont résonné sans cesse. Sur certains, toutes voiles dehors, les hommes étaient dans les haubans.

Aucun temps mort, ciel radieux, une place de choix sur le quai de Lévis face à la belle ville de Québec : que de demander plus ! (sinon de partir sur l’un d’entre eux, direction Halifax, puis la France).

Au printemps, on se sucre le bec

En bon Québécois, que fait-on chaque printemps avant de se mettre à penser à faire un petit régime pour rentrer dans son maillot de bain? On se bourre la panse dans une cabane à sucre, pardi!

Cette année, notre sortie ‘cabane à sucre avec les collègues’ avait lieu dans une grosse cabane commerciale, au Lac Beauport. 320 places, beaucoup d’installations, un énorme parking, des tours de poneys pour les enfants, une mini ferme, un musée, le truc rodé quoi.

Mais un service impeccable, et des plats très bons pour qui ne craint pas le sucre et le gras dans une ambiance ‘ridogon’ (chants traditionnels) – le principe même d’une telle sortie.

Le menu fut typique (tout est à volonté):

Une soupe aux pois

Suivie de saucisses cuites dans le sirop d’érable, d’œufs nappés de sirop d’érable, de haricots (des « bin » – ne pas dire beans à l’anglaise, malheureux) au sirop d’érable.

Et aussi une tourte à la viande, des patates sautées … et du jambon nappé de sirop d’érable! Bref, du lourd.

Et pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux, les oreilles de crisse s’imposent ; du gras frit, qui dit mieux en termes de calories?

Bon, comme on n’avait pas mangé assez de sucre, on a fini par des crêpes nappées de sirop d’érable, et une tarte au sucre d’érable.

Et comme on était dans une érablière où le sirop coule goutte à goutte de 10.000 érables, on s’est avalé quelques tires d’érable au soleil.

Bref, on a mangé comme des gorets. Reste plus qu’à se mettre au régime jusqu’à l’été.

Show au collège!

Chaque année à même époque, des jeunes plein de talents présentent leur show de variété dans l’amphithéâtre du collège : danse, chant, batterie, piano, ukulélé? Tu as un talent et pas peur de monter sur scène? Just go!

Les collégiens prennent en charge aussi les décors, l’animation, la vente des billets, tout, quoi – avec l’appui bienveillant du collège.

Une initiative vraiment sympa pour les uns (belle soirée à pas chère – 8$), valorisante et enrichissante pour les autres. Copiez-ça, collèges et lycées de France et d’ailleurs!

La chaude ambiance est notamment assurée par toute une bande de « finissants » parés de toges noires: en plus d’encourager les plus jeunes et amis artistes, ils clôturent le spectacle avec une joyeuse chorale où ils chantent des extraits des chansons qui ont marqué leur années de secondaire, ou encore évoquant leur départ prochain vers d’autres aventures scolaires et personnelles.

La fin du secondaire, dont mon souvenir, c’était des révisions, du stress et des résultats de bac affichés sur une porte de lycée, point-barre. À peine le temps de dire adieu aux copains, à tout un pan de vie.

Rien de tout ça ici: la fin des études secondaires est jalonnée d’étapes successives. Ce spectacle, et le droit de parader chaque vendredi depuis janvier en tee-shirts « Finissants » plutôt que le strict polo de l’uniforme qui leur sort par les oreilles après 5 ans ne sont que les premiers symboles de cette fin prochaine. Je vous en reparle bientôt.

 

Transat Québec – Saint-Malo

Le port de Québec avait un petit air de port breton ces derniers jours, avec ces bateaux aux couleurs de sponsors bien français venus disputer la transat Québec-Saint-Malo, une course qui a lieu tous les quatre ans. Même le temps, vent-bruine-ciel changeant, s’était mis au diapason cette semaine!

DSC_4382DSC_4380Et puis hier, place au spectacle, avec le départ des mono-coques et petits multi-coques dans des conditions très venteuses (les deux concurrents restants s’élanceront mercredi, trois jours plus tard).

L’étroitesse du fleuve au niveau de Québec permettait de les voir de près et de bien apprécier leur incroyable vitesse. On ne parle pas pour rien de bolides de mers! Ils vont parcourir plus de 5600 km en quelques jours. Le record de la traversée la plus rapide reste à battre : 7 jours 20 h et 24 minutes, une performance réalisée en 1996 par Loïck Perron.

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Nettoyage de printemps

Samedi, dans une ambiance que n’aurait pas renié les réalisateurs de Demain*, les citoyens de Lévis étaient invités à nettoyer les berges du fleuve Saint-Laurent sur une dizaine de kilomètres. Organisée pour la 12 fois par un regroupement de riverains résidant près du fleuve, elle est appuyée par la mairie et par quelques commanditaires (des « sponsors ») et s’avère une activité familiale et citoyenne plutôt sympathique.

Le concept est le suivant: « Au-delà du nettoyage, cette activité se veut une sensibilisation à l’importance de préserver la beauté du fleuve dans son intégrité. Cette responsabilité n’est pas seulement celle des gouvernements et entreprises, mais celle de chacun de nous. »

Une fois inscrits, les bénévoles sont répartis sur différents secteurs, équipés de gants de jardin, d’un seau (une « chaudière » en bon québécois), et hop, vers 8h45-9h00, c’est parti pour une matinée de collecte.

Au départ, tu les trouves plutôt propres, les berges. Et puis tranquillement, les seaux se remplissent: bouteilles, barres de métal, vieux pneus, des vêtements, etc – et surtout polystyrène en pagaille (des morceaux amenés par le fleuve après des inondations de terrains privés? des emballages venus du port de Québec?).DSCN1906 Les bosquets et les sites privilégiés pour les feux de camp sont des tristes révélateurs de la saleté qu’on peut laisser derrière nous.

Un quad équipé d’une remorque suit le parcours, pour que chacun vide son seau et reparte traquer les déchets.

Les trouvailles sont ensuite rassemblées près de points de collectes, pour un ultime tri sélectif.

http://www.lapresse.ca/photos/le-soleil/201606/04/12-16813-corvee-de-nettoyage-des-berges-a-levis.php#1206499-pneus-chaise-pliante-morceaux-metal
Source: le Soleil, Erick Labbé

(On a croisé une maman nullement perturbée par nos vas et viens).

DSCN1905Vers midi, un repas gratuit est offert aux participants (près de 190 personnes) – hamburger au boeuf effiloché du restau Barbacoa et pouding chômeur, excellents, servi dans une ambiance gentiment latino grâce au concours d’un groupe de musicos.

45 prix de participation sont même tirés (j’ai gagné 20$ en bons d’achat pour manger de la poutine de chez Ashton, si ça c’est pas de la chance…).

Bref, ambiance bonne enfant, à refaire!

*Excellent documentaire actuellement à l’affiche dans les bonnes salles du Québec et d’ailleurs.

La nature met le turbo!

Au printemps, la nature s’éveille avec une vigueur incroyable ici. Recouverte de neige pendant des mois, privée de lumière et de chaleur, on la croît malmenée, groggy. C’est tout le contraire! Elle renait et croît à une vitesse déconcertante.

Voilà tout juste deux jours que la neige a fondu et libéré ce plan de lys : hop! les pousses sortent de terre et vont croitre, croyez-moi, à la vitesse du bambou!

DSCN1876Même rapidité à sortir de terre pour les narcisses.

DSCN1878Et que dire de ce plan de rhubarbe.

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Flexibilité

workstation-405768_960_720On a beau faire, le profond et durable blocage du marché du travail français a laissé des traces dans notre inconscient. Et même si on a été capable de tout quitter sans état d’âme, bonne situation et « belle job » , il faut bien admettre que la peur du chômage est inscrite dans nos gènes en lettres rouges.

Autrement dit, si mon employeur m’annonçait demain qu’il doit mettre fin à mon poste pour des raisons économiques, je serai dévastée, à 6 mètres au dessous du sol. D’autant qu’ici, pas de préavis si tu es en poste depuis moins d’un an, ou si ton poste est supprimé : aussitôt l’annonce faite, tu prépares des petites affaires, tu dis éventuellement au  revoir à deux-trois collègues, et l’affaire est faite, ciao bonsoir.

Sans vouloir en faire une généralité, force est de constater que pareille annonce ne semble pas provoquer plus d’émotion que ça chez les salariés québécois, si j’en juge par les réactions de collègues récemment remerciés, certains après plus de 10 ans dans l’entreprise. « Bah, je les comprends ». « Je vais peut-être améliorer mon sort ».

J’étais plus tracassée qu’eux, clairement! Il faut dire que pour deux d’entre eux revus récemment, la période de chômage n’a pas duré deux semaines; ça aide à avaler la pilule sans trop de grimace.

Monde impitoyable? Cela marche dans les deux sens : notre unique programmeur informatique, pièce maitresse pour faire tourner les systèmes, a décidé de changer d’entreprise après 7 ans de bons et loyaux services. Elle a généreusement laissé une semaine à l’employeur avant de tourner les talons : l’incertitude vaut pour les deux.

En dépit de cette flexibilité incroyable par rapport au système français, le Québec, plus syndiqué et plus protecteur que ses voisins, est la province qui a le plus réglementé le marché du travail … certains diront que c’est aussi celle qui a le marché de l’emploi le moins dynamique en Amérique du Nord et le plus fort taux de chômage.

 

 

Synchro

Avec ses multiples répétitions hebdomadaires, les quatre compétitions au programme cette année, et les interminables conversations sur Facebook entre les membres de l’équipe, le patinage synchronisé occupe une large place dans la vie de nos filles.

Et du même coup dans la nôtre: ah! les « lifts » pour les conduire à l’aréna et revenir les chercher, les opérations obligatoires de collecte de fonds, la gestion des émotions après une chute ou une pratique houleuse, sans parler des longues journées à regarder les équipes défiler les jours de compét’…

On se console : comme tout sport d’équipe, le patinage synchronisé leur enseigne mieux qu’on ne pourrait le faire la discipline, le respect des autres, l’humilité ou encore la persévérance.

Il leur permet aussi de goûter à l’adrénaline quand vient l’heure de défiler sur la glace, ou d’attendre fébrilement les résultats.

odile1odile2odile3Le patinage synchronisé se pratique en groupe  de 8 à 16 patineurs maxi patinant à l’unisson tout en exécutant des cercles, des lignes, des roues et entrecroisements de toutes sortes au rythme de la musique. La précision des mouvements, la puissance, l’harmonie du groupe font la différence entre les équipes.  Il existe des groupes de niveau, de débutants I à adultes III, avec des exigences techniques particulières pour chaque niveau.