Noël au loin

Dans notre vie d’avant, avant 2010, avant de venir planter notre ancre sur les rives du St-Laurent, la fin de l’année se vivait en bande, en famille puis entre amis, dans une joyeuse et quelque peu fatigante effervescence.

Depuis notre arrivée ici, les fêtes de fin d’année sont bien différentes. Pas de déplacements, de repas trop lourds, de courses en panique .. et moins de rires, moins de de fête en fait!

Mais même si on évite Skype et les méfias sociaux quelques jours pour ne pas avoir en pleine face tous ces moments  de joie qu’on ne partage plus, cette pause de Noël reste tout de même un moment rare.

Une occasion unique de vivre sur un rythme au ralenti, de savourer le temps qui passe, de ne rien faire ou presque, de rester en pyjama à lire collés les uns à côté des autres, de prendre l’air quand et seulement si ça nous chante. Et de tricoter serré les mailles de notre petit cocon familial.

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Et c’est aussi sauter au plafond quand on reçoit un colis de France, avec un niveau d’excitation bien supérieur à ce qu’on ressentait quand on était au pays.

Merci aux Pères et Mères Noël qui ont pensé à nous!

Et bonnes fêtes à tous, seuls ou en famille, chez vous ou loin des vôtres.

 

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Baie de Fundy (2) – Nouveau-Brunswick

L’un des endroits les plus visités de la baie de Fundy est sans conteste le site des rochers d’Hopewell – Hopewell Rocks, également appelés les Demoiselles par les Acadiens.

À cet endroit, la falaise est grignotée par le vent, l’eau et le gel, et surtout les très grandes marées locales, ce qui contribue à former au fil des siècles des anses et des rochers surmontés de végétation, communément appelés « pots de fleurs« .

L’idée, c’est de les découvrir à marée basse, depuis la plage, puis de revenir les voir de haut quelques heures plus tard, quand la mer réinvente alors le paysage.

Difficile de se sentir seul au monde, même en arrivant tôt le matin: les touristes affluent par milliers durant la courte saison estivale, et les installations (notamment un large escalier pour monter, un autre pour descendre) attestent de la popularité du site.

Affluence ou pas, la promenade sur la plage, faite de terre brune plus que de sable (grès rouge), couverte de larges plaques d’algues glissantes, n’en reste pas moins très sympa.

(Qu’on ne s’y trompe pas, réussir à prendre ces photos – et d’autres – sans personne embrassant la roche aura nécessité beaucoup de patience et le clic rapide!).

Sur chaque plage, un guide est présent, surveillant le site, éclairant les visiteurs si besoin. Et veillant le moment venu que nul ne reste coincé sur ces rivages où la mer peut monter jusqu’à 14 mètres… rapidement.

 

Quoi ça?

Les premières semaines de vie au Québec (il y a plus de 5 ans déjà), je faisais quasiment mes courses avec un appareil photo: sans être totalement exotiques, les supermarchés arrivaient souvent à surprendre.

Voilà bien longtemps que ce n’est plus le cas … jusqu’à récemment.

Honnêtement, il y a vraiment des gens qui achètent ça???

Des rehausseurs d’odeur de lessive!

Si ça, ce n’est pas le symbole-même d’une société qui ne sait plus inventer!

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Et vous, qu’avez-vous fait de cette belle poudreuse?

Vendredi, le paysage s’est couvert à nouveau d’une belle couche de neige, de cette neige légère, presque « sèche », qui laisse de belles étoiles de neige sur les vitres et les blousons. 10 à 15 cm de neige « moelleuse ».

Bref, une neige idéale pour arpenter la nature, raquettes aux pieds, obligeant à lever bien haut les jambes (hardi les gars, on lâche pas!), le tout au milieu de résineux couverts de neige, sous un soleil radieux.

Pour l’occasion, on avait choisit le petit parc d’Armagh, dans le comté de Bellechasse, une étape très apprécié des motoneigistes (petit snack chaleureux), mais accueillant peu de marcheurs en cette période de l’année.

Un seul couple croisé en deux heures. Parfait pour ressourcer les batteries.

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Différence culturelle

Comme chacun le sait, ne serait-ce que par expérience personnelle, les services postaux  vivent partout avec difficulté la dématérialisation du courrier, rendant inéluctable une restructuration massive d’organisations surdimensionnées devenues impossibles à supporter financièrement.

En France, chaque début de tentative pour réduire la grosse machine postale se solde  inévitablement par des grèves et manifestations de toutes sortes, dans une espèce de panique générale: attachement viscéral au service public (qu’on aime pourtant critiquer), rôle supposé ou réel des facteurs dans la communauté, mort des milieux ruraux. À chaque fois des grands discours, et de gros rassemblements.

Et bien au Canada, rien de la sorte!

Photo courtoisie (TVA nouvelle)
Photo courtoisie (TVA nouvelle)

Mi-décembre, Poste Canada annonce officiellement un plan de restructuration drastique: 8000 emplois supprimés, fin de la distribution du courrier au domicile (tous le monde aura droit à sa boite communautaire au bord de la rue). En sus, hausse importante du prix du timbre, déjà cher: il passe de 0,63$ à 0,85$ (et même 1$ lors d’achat à l’unité).

Des syndicalistes dans la rue? Non, même pas! Enfin, si la semaine dernière, un mois et demi plus tard. Bon, pas beaucoup, ils étaient à peine 1000 à défiler à Ottawa – ça fait peu à l’échelle du pays. Et encore, 1000 en comptant les enfants et les amis!

Des maires ruraux défilant dans les rues avec leurs administrés? Que nenni.

Des particuliers et des entreprises remontés comme des pendules par la hausse du prix du timbre? Pas plus que ça, ils sont bien silencieux en tous cas.

Ah, pas de doute, on ne vit plus en France …

PS: au fait, on n’a déjà plus de livraison de courrier le samedi (pas très grave,  on ne reçoit presque plus rien, non?) et les bureaux de poste ont fait place presque partout – et dans l’indifférence générale – à des kiosques installés dans les pharmacies, offrant des horaires élargis qui contentent tout le monde merci.

Pitoyables

Merci la télé française, vraiment. En quelques jours, vous avez montré un beau visage de la France aux Québécois (non, je ne parle pas ici des erreurs de jugement du Président, bien que ça n’améliore pas l’image générale).

Déjà, il y a quelques semaines, un prétendu journaliste ramenait de son séjour ici une vision totalement déformée du Québec. Laissant entendre, par exemple, que l’hiver dure 8 mois, ou encore que chacun ici se déplace avec ses chiens de traineau; une activité qui, dans les faits, est principalement pratiquée par les touristes. Autour de moi, un petit sondage rapide révèle que personne n’a eu le goût de débourser les quelques 60$ minimum par personne pour se faire tirer par des chiens pendant une 1h30 … sauf pour faire plaisir à des amis étrangers venus passer quelques jours de vacances ici.

Bah, ce ramassis de clichés les a plutôt fait sourire au final. Comme ça me ferait sourire si un Canadien ramenait de son séjour en France la photo d’un Français avec un béret sur la tête en affirmant que là-bas, les hommes se sentiraient nus sans leur couvre-chef adoré.

Mais me voici à nouveau interpellée sur l’arrogance de certains maudits Français après qu’une talentueuse Acadienne ait reçu des commentaires désastreux sur son accent dans une émission de télé à grande écoute.

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Photo courtoisie

Le « tu comprends bien le français? » de cette cruche de Jennifer a fait bondir plus d’un Québécois, qu’on sait chatouilleux sur la question. Ah ces Français! Ils ne sont pas capables d’appeler l’émission La Voix comme ici, au Québec, mais ils sont pétés de rire à entendre un autre accent que le leur, jurant ne pas comprendre un mot, recourant aux sous-titres pour les pauvres téléspectateurs français …

Et pour enfoncer le clou, ces artistes à la noix, toujours prompts à critiquer le manque de culture des Nord-Américains, qui ignorent tout de l’Acadie et, faut-il le rappeler, d’une partie de leur histoire, qui se gaussent du concept-même de francophonie.

Bravo les gars.

Donc pour ceux qui ne connaîtraient pas l’Acadie, c’est une région du Canada qui recouvre les provinces du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador.

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Chasse aux lutins

Les cours d’écoles primaires ne parlent plus que de ça, cet hiver: les bêtises faites pendant la nuit par leurs lutins.

Mi-novembre, les médias se sont prêtés à un jeu commencé dans la région du Saguenay-Lac-St-Jean il y a 5-6 ans, sur l’initiative amusante d’un grand-père.

Ils ont en effet annoncé que des lutins avaient été aperçus durant la nuit, courant vers Québec à toute vitesse. Dès lors, un seul mot d’ordre : la chasse aux lutins facétieux pouvait commencer – période officielle de cette chasse aux lutins : du 1er au 24 décembre.

Source: Radio Canada
Source: Radio Canada

Les boutiques ont vite flairé le bon coup, et proposé des pièges à lutin dûment patentés, ou des lutins plus vrais que nature, mais n’importe quel piège fait l’affaire, augmentant grandement le plaisir des chasseurs en culottes courtes: il suffit d’un sac entrouvert par une branche, par exemple, avec une sucrerie pour attirer l’oiseau. L’appât et le meilleur emplacement se discutent bien sûr avec les enfants, partie prenante de cette aventure.

Source: Radio- Canada
Source: Radio- Canada

Les lutins se laissent facilement attraper, une à trois nuits d’attente maxi. Le jour, ils ressemblent à une poupée quelconque, totalement immobiles et sans vie dès qu’il y a de la lumière.

Mais dès qu’il fait noir, méfiance! les bêtises déferlent sur la maison : ils déplacent les choses, déroulent tout le papier toilette, mettent les vêtements d’un tiroir par terre, dessinent des moustaches (à l’encre lavable) aux poupées, bref, « sky is the limit » en matière de bêtises! (Facebook aide également à trouver une idée par nuit!).

Tout prend fin le 24 décembre. Il disparaissent enfin du paysage pour rejoindre les ateliers du Père Noël, et œuvrer à la distribution des cadeaux.

Avouez que c’est une belle idée, tellement sympa et festive qu’on est tout triste de n’être plus un enfant, et peut-être plus encore de n’avoir plus de jeunes enfants à la maison. Une belle alternative au calendrier de l’avent pour faire patienter avant Noël.

Récolte québécoise

Question: si je vous dis que c’est une petite boule rouge gorgée d’anti-oxydant au goût un peu acre, vous pensez à quoi?

Eh oui, à la canneberge, dont c’est la pleine récolte en ce moment-même. Les champs sont largement regroupés sur la petit commune de Saint-Louis de Blandford, du côté de Victoriaville. On aime bien aller y jeter un coup d’œil de temps en temps – à la grande stupéfaction de bien des Québécois qui se demandent bien ce qui nous intéresse là-dedans!

Je vous emmène? Les champs ressemblent d’abord à ça:

DSC09001Qu’on ne s’y trompe pas, il y a bien des fruits à récolter, mais ils sont cachés par le feuillage, et au ras du sol.

Pour faciliter la récolte, on inonde les champs:

DSC09011Puis un tracteur armé d’un long bras (pas de photos, désolée) passe couper les plants. Les fruits, à la structure creuse, remontent et flottent à la surface; quant aux branches, elles sont sous l’eau.

DSC_2728DSC_2729Ils sont alors ramenés vers un coin du champ par un système de barrière flottante qu’un gars tire inlassablement, tandis que des travailleurs souvent venus d’Amérique du Sud travaillent, eux, à tirer les fruits vers le coin, où est placée une pompe.

DSC_2719Une fois les fruits aspirés, les feuilles sont déversées dans une remorque, tandis que les fruits partent vers des camions qui partent vers les usines aussitôt chargés.

DSC09004DSC_2726Pas ou peu d’auto-cueillette, il faut se rabattre sur les fruits frais vendus en supermarché pour faire des smoothies santé!

Grosse Ile

Je ne sais pas si on peut techniquement parler d’été indien (ici, on parle plutôt d’été des indiens), mais une chose est sure: on a le droit ces jours-ci à un soleil radieux, et à l’extraordinaire luminosité que j’aime tant ici.

Un temps idéal pour passer une journée sur une île. Et enfin découvrir le mémorial des Irlandais sur Grosse-île, à 30 minutes de Lévis. Il s’agit d’une île-musée, accessible par bateau après 30 minutes de navigation depuis Berthier-sur-mer, et gérée par Parc-Canada.

L’îlot (2,7 km de long) est chargée d’histoire, une histoire douloureuse qui raisonne d’autant plus fortement qu’on est soi-même un immigrant. En effet, les immigrants partis d’Europe, et notamment d’Irlande, entre 1830 et 1937, devaient subir une quarantaine sur cette île, le temps de s’assurer qu’ils ne ramenaient pas avec eux typhus, choléra et autres maladies sympathiques qui sévissaient en Europe dans les milieux pauvres.

Hommes, animaux et bagages étaient désinfectés de fond en comble avant de rejoindre pour les uns un hôtel plus ou moins luxueux (tout dépendait de la classe qu’ils avaient choisie sur le bateau, 1ere ou 3ème classe), l’hôpital, ou le cimetière (pour plus de 7000 d’entre eux). Il y a eu jusqu’à 36 vaisseaux stationnés dans le petit port en même temps, tout de même – en 1847 notamment, année de la grande famine en Irlande.

Ce fut une journée superbe à bien des égards. La visite se fait normalement avec un guide, mais nous avons opté pour la visite libre, munie d’une carte pleine d’explications  » qui a fait la job », en bon québécois. Il reste de nombreuses vestiges, l’île elle-même offre de beaux paysages; pas de voiture, un bon plan, cette île!

Voici quelques unes des nombreuses photos prises sur place. Enjoy!

Grosse Île
Grosse Île
Station de désinfection des vêtements et bagages à la vapeur

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